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Résumé | Sommaire
| Article original
Rôle présumé du vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole dans la survenue de problèmes gastro-intestinaux ou de régression développementale chez les enfants autistes :
étude de population
Taylor B, Miller E, Lingam R, Andrews N, Simmons
A, Stowe J.
BMJ (British Medical Journal), 16 février 2002:324:393-6.
En bref
La régression développementale observée chez certains enfants autistes serait-elle liée à une affection gastro-intestinale causée par le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole?
- Un article paru dans le BMJ (British Medical Journal) a semé la panique chez certains parents parce qu’il les portait à croire que le vaccin ROR causait bel et bien l’autisme.
- Dans cette étude, les chercheurs ont examiné les dossiers médicaux de 473 enfants britanniques diagnostiqués autistes pour relever les cas de régression après l’administration du vaccin ROR. Ils ont également vérifié si les problèmes intestinaux étaient plus fréquents parmi les enfants autistes.
- Aucun lien entre le vaccin ROR et l’autisme ou entre le vaccin ROR et une incidence accrue de problèmes gastro-intestinaux n’a été mis en évidence dans cette étude.
- L’étude a toutefois révélé un taux plus élevé de problèmes intestinaux parmi les enfants ayant régressé, observation qui demeure sans explication.
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Question : Le vaccin ROR aurait-il quelque chose à voir avec les problèmes intestinaux et la régression développementale chez les enfants autistes?
Contexte : Le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) continue de susciter une vive controverse parmi la population. Nombre de parents sont convaincus que leur enfant a développé une « nouvelle variante » d’autisme à cause d’une infection de la paroi intestinale due au virus contre la rougeole contenu dans le vaccin ROR. Cette étude visait à examiner l’incidence de maladie intestinale et de régression parmi deux groupes d’enfants autistes — les vaccinés et les non-vaccinés.
Type d’étude : Enquête exhaustive à partir des fiches médicales des enfants autistes et des dossiers d’immunisation provenant d’une source indépendante.
Cadre : Cinq quartiers du nord-est de Londres, au Royaume-Uni.
Sujets : 473 enfants nés entre 1979 et 1998 dans les cinq quartiers en question qui ont été plus tard reconnus autistes (278 cas d’autisme typique et 195 cas d’autisme atypique) ont été répertoriés grâce aux registres informatisés des enfants présentant une incapacité.
Évaluation des facteurs de risque : Présence de problèmes intestinaux durant trois mois ou plus, âge auquel une régression a été rapportée et date de la vaccination de l’enfant.
Principaux critères d’évaluation : Épisode de problèmes intestinaux durant au moins trois mois, âge d’apparition des symptômes de régression, date des premières préoccupations au sujet du développement de l’enfant et tout lien chronologique entre ces observations et la vaccination.
Principaux résultats : Globalement, des signes de régression ont été rapportés par les parents de 118 (25 %) des 469 enfants pour lesquels des renseignements sur leur développement avaient été consignés. Les symptômes signalés le plus souvent étaient la perte du langage ou d’une autre habileté langagière ou un changement de comportement. Parmi ces enfants, 43 des 191 enfants atteints d’autisme typique (23 %) et 75 des 278 enfants atteints d’autisme atypique (27 %) avaient présenté des symptômes de régression. La différence entre ces taux n’est pas statistiquement significative. Dix-sept pour cent (17 %) de ces enfants, soit 81 enfants, avaient des antécédents de symptômes intestinaux. Une analyse statistique n’a révélé aucune association entre le vaccin ROR et l’apparition d’une régression ou de problèmes intestinaux. Les problèmes gastro-intestinaux étaient plus fréquents chez les enfants ayant régressé, qu’ils aient été vaccinés ou non. On n’a relevé aucun changement dans le nombre d’enfants ayant également présenté des problèmes intestinaux enregistrés sur la période de 20 ans – soit entre 1979 (année de commercialisation du vaccin ROR) et 1998.
Conclusions : Cette étude indique que le vaccin ROR n’a rien à voir avec les problèmes intestinaux et la régression chez les enfants autistes. Toutefois, l’incidence de problèmes intestinaux était significativement plus élevée chez les enfants qui ont présenté une régression développementale que parmi les enfants sans régression (26 % contre 14 %) (p = 0,0002).
Il n’y a aucune preuve de l’existence d’une nouvelle variante d’autisme causée par le vaccin ROR ou en lien quelconque avec ce vaccin.
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