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Résumé | Sommaire | Article original

Association entre le vaccin ROR et les troubles du spectre autistique - Une revue systématique des données épidémiologiques existantes

Wilson K, Mills E, Ross C, McGowan J, Jadad A.

Archives of Pediatric and Adolescent Medicine 157:628-634. 2003

En bref

Quels sont les arguments plaidant pour ou contre l’existence d’une association entre le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) et les troubles du spectre autistique?

  • Les études révèlent un taux similaire d’autisme chez les sujets vaccinés et les sujets non vaccinés.
  • Une augmentation de la couverture vaccinale ROR n’a pas entraîné une hausse correspondante du nombre de cas de TSA.
  • Aucune étude n’appuie l’existence d’un lien entre le vaccin ROR et les troubles du spectre autistique.
  • L’hypothèse d’une nouvelle variante d’autisme liée au vaccin ROR n’est pas fondée.

Question : Quels sont les arguments plaidant pour ou contre l’existence d’une association entre le vaccin ROR et les troubles du spectre autistique?

Contexte : Bon nombre de parents sont convaincus que le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) est à l’origine de l’autisme de leur enfant. Certaines études citées dans les médias ont suggéré que le vaccin causerait une forme « variante » d’autisme, alors que d’autres études ont écarté cette hypothèse. Dans cette revue, les auteurs ont examiné le bien-fondé de plusieurs hypothèses ou théories : 1) l’autisme est plus répandu parmi les personnes vaccinées que les personnes non vaccinées; 2) l’augmentation perçue des cas d’autisme découle de l’utilisation du vaccin ROR; 3) le début de l’autisme coïncide à peu près avec le moment de la vaccination; et 4) une nouvelle forme (variante) d’autisme est liée à l’administration du vaccin.

Sources des données : Les auteurs ont fouillé les bases de données CINAHL, PsychINFO, MEDLINE, PreMedline, TOXLINE, Biological Abstracts, HealthSTAR et la bibliothèque Cochrane à la recherche d’articles contenant les mots-clés « vaccin rougeole-oreillons-rubéole », « vaccin ROR », « trouble autistique » et « trouble du spectre autistique » ainsi que les équivalents de ces termes en diverses langues. Ils ont également examiné la bibliographie des articles répertoriés et contacté les auteurs des études publiées pour leur demander s’ils participaient à d’autres recherches sur le sujet.

Critères de sélection des études : Pour faire l’objet de la revue, les études devaient être des études épidémiologiques originales, porter sur des populations clairement définies, préciser la méthode diagnostique employée et tenter d’établir une association entre le vaccin ROR et les troubles du spectre autistique.

Extraction des données : Deux examinateurs indépendants ont évalué les études et consigné les noms des auteurs, le nom de la revue, l’année de publication, le pays où s’est déroulée l’étude, le type d’étude, la description de l’échantillon, l’âge des sujets au moment où ils ont reçu le vaccin ROR et la méthode utilisée pour établir le diagnostic de TSA. Ils ont aussi enregistré le genre d’association observée, les méthodes d’analyse des données et les résultats de l’analyse.

Principaux résultats : Sur les 381 études répertoriées, 12 répondaient aux critères d’inclusion et étaient suffisamment rigoureuses sur le plan scientifique pour faire partie de la revue. Voici les conclusions:

1re théorie : La prévalence de l’autisme est plus élevée chez les sujets vaccinés que chez les sujets non vaccinés.
Une vaste étude rétrospective réalisée au Danemark n’a fait état d’aucune différence statistiquement significative du taux d’autisme entre les 440 655 enfants qui avaient été vaccinés et les 96 648 enfants non vaccinés.
La prévalence de l’autisme est la même chez les personnes qui ont été vaccinées et les personnes qui n’ont pas été vaccinées.

2e théorie : Il y a plus de cas de TSA à cause du vaccin ROR.
Parmi les six études qui ont examiné si le nombre de cas de TSA augmente en fonction de la couverture vaccinale ROR, quatre indiquent qu’il n’y a aucun lien entre le vaccin ROR et la hausse de la prévalence de TSA ou de la soi-disant variante d’autisme. Une autre étude a comparé le nombre de cas de TSA avant et après l’implantation des programmes d’immunisation, et n’a fait état d’aucun changement. Dans la dernière étude, les chercheurs ont vérifié les taux signalés de régression développementale chez un groupe d’enfants autistes avant et après la commercialisation du vaccin et n’ont pas trouvé de différence.
Il n’y a pas plus de cas de TSA à cause de l’utilisation du vaccin ROR.

3e théorie : Le début de l’autisme coïncide à peu près avec le moment de la vaccination.
Huit des études répertoriées visaient à établir s’il existe un lien chronologique entre l’administration du vaccin ROR et l’apparition de l’autisme. Trois ont examiné l’âge des enfants au moment du diagnostic et l’âge où les parents ont signalé un retard de développement, parmi des groupes d’enfants vaccinés et non vaccinés, la prémisse étant que si le vaccin ROR causait l’autisme, le trouble se manifesterait à un âge différent chez les deux groupes d’enfants. Or, les études révèlent que l’autisme a été diagnostiqué au même âge dans les deux groupes.

Six études avaient pour but de vérifier si les cas de diagnostic de TSA ou de détection des symptômes étaient plus nombreux à la suite de la vaccination. Une étude indique qu’il n’y a pas eu plus de consultations en médecine générale après la vaccination des enfants qui ont été ultérieurement déclarés autistes. Dans une autre étude, un groupe d’enfants atteints d’un TSA n’étaient pas plus susceptibles d’avoir reçu le diagnostic de TSA ou de régression développementale durant une période préétablie suivant l’administration du vaccin ROR.
Aucune étude effectuée jusqu’à maintenant n’appuie l’existence d’un lien entre le vaccin ROR et les troubles du spectre autistique.

4e théorie : Une nouvelle variante d’autisme est liée à l’utilisation du vaccin.
Trois études portant sur la régression développementale ont été répertoriées. Dans la première étude, aucun des 31 enfants ayant éprouvé des problèmes gastro-intestinaux après avoir reçu le vaccin ROR n’est devenu autiste. Une deuxième étude a comparé les enfants ayant reçu le diagnostic de TSA avant et après la commercialisation du vaccin et n’a mis en évidence aucune différence entre les deux groupes pour ce qui est du taux de régression; la fréquence du trouble désintégratif de l’enfance n’était pas plus élevée que prévu parmi le groupe d’enfants suivis après l’avènement du vaccin. La troisième étude indique que le taux de symptômes gastro-intestinaux ou de régression parmi les enfants autistes n’était pas plus élevé après qu’avant le début de l’utilisation du vaccin. Dans la quatrième étude, aucun des 309 enfants autistes qui ont été hospitalisés ne souffrait d’une maladie intestinale inflammatoire.
L’hypothèse d’une nouvelle variante d’autisme liée au vaccin ROR n’est pas fondée.

Conclusions : Aucun argument n’appuie l’émergence d’une nouvelle variante d’autisme. Les auteurs suggèrent que si une telle forme existe, elle est tellement rare qu’elle ne peut pas être détectée dans les études épidémiologiques (de grande envergure). Aucune étude visée par cette revue n’a mis en évidence une quelconque relation causale entre le vaccin ROR et les troubles du spectre autistique.


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