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Résumé | Sommaire | Article original

Relation entre l’âge de détection des premiers symptômes et la sévérité de l’autisme

Baghdadli A, Picot MC, Pascal C, Pry R, Aussilloux C

European Child & Adolescent Psychiatry 2003; 12:122.

Question : Est-ce que l’âge où les parents ou aidants remarquent les premiers symptômes d’autisme infantile est un indice pronostique de la sévérité du trouble?

Contexte : Beaucoup de parents d’enfants autistes mentionnent que, s’ils se reportent à l’époque précédant le diagnostic formel, ils avaient remarqué un retard de développement (p. ex. premiers mots) ou un problème de contact visuel chez leur enfant. Souvent, les parents sont incités par leur famille ou même par leur médecin à réprimer leurs inquiétudes, de sorte que le trouble n’est pas diagnostiqué avant l’âge de 2 ou 3 ans. Cette étude a examiné si l’âge auquel les parents ont noté pour la première fois des anomalies dans le développement de leur enfant pourrait être en corrélation avec le degré de gravité du trouble. Autrement dit, les symptômes sont-ils plus sévères chez les enfants qui manifestent des déficits plus tôt?

Type d’étude : Enquête sur un échantillon de convenance, fondé sur le consentement des parents.

Cadre : 49 cliniques de pédopsychiatrie en France.

Sujets : 193 enfants ayant reçu le diagnostic formel de trouble envahissant du développement (TED), âgés entre 21 mois et 7 ans, ont pris part à cette enquête, répartis en 158 cas d’autisme infantile (82,4 %), 28 cas d’autisme atypique (14,6 %), 2 cas de syndrome d’Asperger (1 %) et 5 cas d’une autre forme de TED (2 %). L’échantillon comprenait 81,3 % de garçons et 18,7 % de filles. 39 % des enfants avaient une affection médicale concomitante, dans la plupart des cas, un désordre neurologique ou des anomalies héréditaires ou congénitales.

Évaluation des facteurs pronostiques : On a demandé aux parents à quel âge leur enfant avait commencé à montrer des troubles de socialisation et de communication. Un entretien avec les parents a été utilisé pour obtenir des renseignements sur les habiletés sociocommunicatives et le fonctionnement général des enfants. On a également interrogé les parents sur l’intensité des symptômes autistiques de l’enfant, la présence de maladies concomitantes et l’existence de facteurs sociofamiliaux pour déterminer si ces facteurs étaient prédictifs du développement ultérieur de l’enfant. Les enfants ont été répartis en deux groupes, selon que les problèmes de développement aient été constatés avant ou après 18 mois.

Instruments de mesure : On a administré l’échelle de Vineland sur le comportement adaptatif (VABS) et l’échelle CARS, procédé à une évaluation du langage et établi les antécédents médicaux de l’enfant, l’âge à la première consultation psychiatrique, l’âge où les premiers signes d’anomalies ont été observés, l’ordre de naissance et la classe sociale des parents.

Principaux résultats : Plus du tiers (37,6 %) des parents avaient remarqué des anomalies de développement chez leur enfant avant un an; 20,6 % entre 12 et 18 mois, 19,4 % entre 18 et 24 mois, 18,8 % entre 24 et 36 mois et 3,6 % passé 36 mois. La sévérité des symptômes autistiques, de même que la gravité du retard du développement et des déficits d’adaptation sociale, en particulier les difficultés de fonctionnement au quotidien, étaient en corrélation avec l’âge de constatation des premières anomalies, mais non le sexe, l’ordre de naissance et la classe sociale. Les enfants dont les anomalies de développement avaient été observées avant 18 mois présentaient des symptômes plus graves que les enfants dont les symptômes avaient été notés passé 18 mois. Ils affichaient également des déficits sociocommunicatifs et d’autonomie plus prononcés. Une forte association a été observée entre la détection en très bas âge et la présence de troubles neurologiques et de troubles de l’audition. Les déficits d’adaptation sociale et les affections médicales étaient le plus étroitement corrélés à une détection précoce.

Conclusions : Les auteurs précisent que l’âge auquel les premiers symptômes sont décelés ne correspond pas nécessairement à l’apparition des symptômes et que plusieurs symptômes sont imputables à des anomalies congénitales pas forcément en lien avec le trouble autistique mais avec un retard de développement en général. La précocité de la détection était associée davantage à un retard de développement et à des problèmes neurologiques qu’à la gravité de l’autisme. Les corrélats les plus importants étaient l’indice d’autonomie sur l’échelle VABS ainsi que la présence de désordres neurologiques ou de problèmes auditifs.

Les auteurs préconisent une évaluation des troubles du développement chez tous les enfants dans le cadre d’un bilan médical régulier, vu l’importance d’une intervention précoce pour amenuiser les déficits caractérisant les troubles autistiques.


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