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Résumé | Sommaire | Article original

Doses multiples de sécrétine de source porcine dans
le traitement de l’autisme : essai randomisé contrôlé
contre placébo

Roberts W, Weaver L , Brian J, Bryson S, Emelianova S, Griffiths, A-M, MacKinnon B, Yim C, Wolpin J, and Koren G.

Pediatrics May 2001; 107(5): e71

En résumé

La sécrétine a-t-elle un effet positif sur les symptômes de l’autisme?

  • La sécrétine est une hormone gastro-intestinale qui favorise la digestion.
  • Des parents ont rapporté que la sécrétine pourrait améliorer les symptômes de l’autisme.  
  • Dans cette étude menée à Toronto, les enfants dans le groupe de traitement actif n’ont pas montré d’amélioration sauf sur le plan du langage, et ce gain est probablement attribuable au développement plutôt qu’au traitement.
  • Les améliorations rapportées par les parents ne sont pas appuyées par des essais cliniques et n’ont pas eu d’effets durables. 

Question : L’utilisation de la sécrétine apporte-t-elle des améliorations quantifiables des symptômes autistiques ou de la fonction langagière ou cognitive par rapport au placébo?  

Mise en contexte : La sécrétine est une hormone gastro-intestinale qui favorise la digestion des aliments en stimulant la production de la pepsine dans l’estomac, de la bile dans l’intestin et des sucs digestifs dans le pancréas pour neutraliser l’acidité dans les intestins. Lorsque des parents ont relaté une amélioration chez leur enfant à la suite d’une investigation gastro-intestinale qui faisait état de sécrétine, les médias ont été inondés de reportages à l’effet que des injections de sécrétine auraient produit des effets positifs chez des enfants autistes. Les symptômes autistiques de ces derniers, particulièrement leur habilité d’interaction avec autrui, auraient connu une amélioration remarquable. Par contre, les résultats des essais contrôlés étaient moins favorables, tel que l’illustre l’étude dont il est ici question.

Conception : Essai randomisé contrôlé contre placébo. Une randomisation par bloc a été effectuée pour assurer que les groupes placébo et de traitement reçoivent un nombre égal d’enfants âgés de 2 à 4 ans et de 5 à 7 ans.  

Endroit : The Autism Research Unit of the Child Development Centre au Hospital for Sick Children, à Toronto, Ontario, Canada.

Participants : 68 enfants âgés de 2 à 7 ans qui répondent aux critères d’un diagnostic d’autisme ou de trouble envahissant du développement, selon l’outil ADI-R ou l’ADOS-G. Tous les enfants avaient également déjà reçu un diagnostic d’autisme selon le DSM-IV auprès d’un clinicien communautaire.

Intervention : Les enfants ont été désignés de façon aléatoire pour recevoir soit deux injections de placébo, soit deux injections de sécrétine de source porcine avec un intervalle de six semaines entre les deux injections.  

Principaux indicateurs des résultats : L’outil ADOS-G a été utilisé pour mesurer les symptômes autistiques d’ordre social, comportemental et langagier au début de l’essai et lors du suivi.  La fonction cognitive a été évaluée à l’aide de l’échelle de Leiter. La fonction langagière a été testée à l’aide de l’échelle Preschool Language Scale III (PLS-3). La performance visuo-spatiale a été évaluée par un exercice d’orientation visuelle. Les parents ont rempli un questionnaire portant sur les symptômes gastro-intestinaux conçu pour l’étude.  

Principaux résultats : 64 des 68 enfants inscrits ont complété l’étude. Aucune différence importante n’a été remarquée à l’égard des indicateurs de résultats utilisés. Les enfants des deux groupes ont montré une amélioration sur le plan du langage, et ce gain est probablement attribuable à l’acquisition de maturité plutôt qu’à d’autres facteurs. Aucune différence de réaction à la sécrétine n’a été constatée à l’analyse des données en fonction du quotient intellectuel des enfants, de la présence de problèmes gastro-intestinaux ou de leurs antécédents de régression.  

Conclusions : Cette étude ne fournit aucune preuve de l’efficacité de la sécrétine pour les enfants autistes. Aucune différence d’efficacité n’a été notée dans les sous-groupes relativement au quotient intellectuel, ou aux antécédents de problèmes gastro-intestinaux ou de régression. Un examen approfondi des données cliniques objectives sur les enfants dont les parents avaient rapporté d’importants progrès n’a relevé aucune amélioration à long terme.  

Cette étude s’ajoute à l’ensemble de la recherche qui a démontré que la sécrétine n’est pas efficace dans le traitement des symptômes autistiques.
Autres ouvrages sur la sécrétine :

A randomized, double-blind, placebo-controlled trial of single-dose intravenous secretin as treatment for children with autism.
Coniglio SJ, Lewis JD, Lang C, Burns TG, Subhani-Siddique R, Weintraub A, Schub H, Holden EW. Journal of Pediatrics May 2001; 138(5): 649-655.

Children with autistic spectrum disorders. II: parents are unable to distinguish secretin from placebo under double-blind conditions.
Coplan J, Souders MC, Mulberg AE, Belchic JK, Wray J, Jawad AF, Gallagher PR, Mitchell R, Gerdes M, Levy SE. Archives of Disease in Childhood. August 2003; 88(8): 737-739.

Effect of secretin on children with autism: a randomized controlled trial.
Dunn-Geier J, Ho HH, Auersperg E, Doyle D, Eaves L, Matsuba C, Orrbine E, Pham B, Whiting S. Developmental Medicine and Child Neurology. December 2000; 42(12): 796-802.

Multisite, double-blind, placebo-controlled trial of porcine secretin in autism.
Owley T, McMahon W, Cook EH, laulhere T, South M, Mays LZ, Shernoff ES, Lainhart J, Modahl CB, Corsello C, Ozonoff S, Risi S, Lord C, Leventhal BL, Filipek PA.
Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry. November 2001; 40(11): 1293-1299.

A randomized, double-blind, placebo-controlled trial of porcine versus synthetic secretin for reducing symptoms of autism.
Unis AS, Munson JA, Rogers SJ, Goldson E, Osterling J, Gabriels R, Abbott RD, Dawson G.
Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry November 2002; 41(11): 1315-1321.

Lack of benefit of intravenous synthetic human secretin in the treatment of autism.
Molloy CA, Manning-Courtney P, Swayne S, Bean J, Brown JM, Murra DS, Kinsman AM Brasington M, Ulrich CD 2nd.
Journal of Autism and Developmental Disorders. December 2002; 32(6):545-551.

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