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Résumé | Sommaire | Article original

Quelle est la fréquence des troubles gastro-intestinaux chez les enfants autistes?

Kuddo T and Nelson K B

Current Opinion in Pediatrics 2003, 15: 339-343.

Question : Les enfants autistes sont-ils plus à risque de désordres gastro-intestinaux que les autres enfants?

Contexte : Dans la presse médicale, les journaux, les sites Web et les clavardoirs, certains comptes rendus de recherche et témoignages de parents sur les symptômes gastro-intestinaux des enfants ont alimenté la croyance que les maladies du système digestif sont plus fréquentes chez les enfants autistes que chez les enfants connaissant un développement typique. Les auteurs ont fait le tour de la littérature existante sur le sujet pour vérifier s’il s’agit d’une réalité ou d’un mythe.

Sources des données : Les auteurs ont fouillé les articles versés dans les bases de données PubMed/MEDLINE entre 1966 et le 31 décembre 2002, en utilisant les mots-clés « autisme », « autistes », « autistiques » et « gastro-intestinaux » ou « intestinaux », pour la fourchette d’âge de 0 à 18 ans. Ils ont également examiné les articles mentionnés en référence dans les études relevées et épluché les fiches du congrès mondial de gastroentérologie, hépatologie et nutrition pédiatrique (2000), à la recherche de données qui n’auraient pas été publiées.

Critères de sélection des études : Les critères ne sont pas mentionnés.

Extraction des données : Les auteurs ont consigné le type d’étude, la population visée, le nombre d’enfants atteints par rapport au nombre d’enfants non atteints et la prévalence des symptômes gastro-intestinaux et ont noté si les groupes comparés étaient appariés suivant l’âge et le sexe, et selon le QI.

Principaux résultats : Parmi les 91 articles répertoriés, trois études de prévalence et deux études sur la clientèle dirigée ont été examinées. Il s’est avéré difficile de comparer les études ou de combiner leurs résultats, car la plupart ne donnaient pas de définition précise des symptômes gastro-intestinaux et la durée des symptômes n’était pas toujours précisée. Dans les trois études de population, Black (2002) rapporte un taux de symptômes gastro-intestinaux de 9 %, contre 9 % dans le groupe témoin, Taylor (2002), un taux de 17 % (pas de groupe témoin) et Fombonne (2001), un taux de 18,8 % (pas de groupe témoin). Dans les deux études menées en milieu spécialisé, Horvath et al. (2002) ont enregistré des taux de 80,2 à 84,1 %, par rapport à 31,2 % dans le grope témoin, et Melmed (2000), un taux de 46 % (pas de groupe témoin).

Conclusions : Aucun argument solide n’appuie l’hypothèse que les enfants autistes sont plus vulnérables aux symptômes gastro-intestinaux que les enfants au développement typique. Les études réalisées jusqu’à maintenant ne portaient pas sur des groupes représentatifs d’enfants autistes et n’avaient pas de groupe témoin adéquat permettant d’établir des comparaisons. Dans les études cas/témoin, il aurait fallu que les enfants au développement normal soient rigoureusement apparentés aux enfants autistes et proviennent du même bassin de population. Il aurait aussi fallu que les enfants du groupe témoin (non autistes) présentant des symptômes gastro-intestinaux aient des symptômes à peu près de la même nature et de la même intensité que les enfants autistes éprouvant également des symptômes gastro-intestinaux. Il est important de noter que les données issues des cliniques de gastroentérologie sont biaisées du fait que cette clientèle est formée d’un groupe spécial d’enfants qui n’ont pas nécessairement les mêmes caractéristiques que les enfants dont les symptômes gastro-intestinaux sont trop bénins pour justifier une orientation en gastro-entérologie, ou qu’elles pourraient différer des données relatives aux enfants qui demeurent dans des régions où il n’y a pas de spécialistes.


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