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Régression développementale recensée par un système de surveillance des troubles autistiques

Wiggins LD, Rice CE, Baio J. Autism 2009;13(4):357-374.

Question : Y a-t-il des données démontrant que certains enfants autistes perdent leurs capacités et leurs aptitudes après une période de développement apparemment normal?

Contexte : Il y a une minorité d’enfants chez qui l’apparition des symptômes d’autisme coïncide avec une régression remarquée par les parents, vers l’âge de deux ans. Leur développement était normal, semble-t-il, jusqu’à ce qu’ils perdent soudainement l’usage de la parole ou leur intérêt envers les autres.

Cadre : Centres for Disease Control, Atlanta, Géorgie, États-Unis

Sujets : Les dossiers de 517 enfants nés en 1992 admissibles au programme de surveillance des TSA ont été examinés par un spécialiste, qui s’est servi des critères du DSM-IV-R pour repérer les enfants ayant reçu un diagnostic formel de trouble autistique, de syndrome d’Asperger ou de TED-NS. Les dossiers de 285 enfants répondant à ces critères ont été examinés; il s’est avéré que 49 enfants (17 à 26 %) avaient affiché des signes de régression développementale, dont 44 garçons.

Type d’étude : On a examiné les dossiers de suivi du développement d’enfants jusqu’à l’âge de 8 ans afin de déterminer si certains enfants perdent les habiletés acquises et s’il y a des particularités observées uniquement chez les enfants ayant subi une régression apparente. L’étude a porté sur les données enregistrées par le programme de surveillance des troubles développementaux d’Atlanta (Metropolitan Atlanta Developmental Disabilities Surveillance Program), provenant des hôpitaux et des cliniques de la région, du ministère des ressources humaines de la Géorgie, des médecins exerçant en cabinet privé et des dossiers scolaires et médicaux. La base de données collecte l’information sur les enfants atteints de déficiences intellectuelles, de paralysie cérébrale, de surdité, de troubles visuels ou de TSA. Les dossiers des enfants qui avaient des symptômes de TSA ont été examinés par un spécialiste.

Méthodologie : Les chercheurs ont dépouillé les fichiers informatisés, les registres d’incapacité fonctionnelle et les renseignements fournis par les pédiatres, les pédopsychiatres et les établissements d’éducation spécialisée de la région afin de repérer tous les enfants autistes. Ils ont examiné les listes informatisées des fiches diagnostiques, des dossiers d’immunisation et des antécédents médicaux des enfants pour vérifier le diagnostic d’autisme et trouver tous les cas de régression recensés ainsi que les raisons citées par les parents pour expliquer cette régression. Ils ont procédé à un recoupement des dossiers en vue de déterminer la première mention d’ « autisme » et toute mention de « régression » ainsi que la date de l’immunisation ROR. Après avoir relevé tous les dossiers des enfants portant la mention « régression », ils ont analysé les remarques des parents quant à la cause perçue des problèmes de leur enfant.

Principaux paramètres d’évaluation : Perte du langage et des aptitudes sociales, retards moteurs, crises convulsives ou mouvements saccadés, champ restreint d’intérêts et d’activités.

Principaux résultats : Les enfants ayant régressé étaient plus enclins à accuser un déficit cognitif et plus profond, des difficultés à s’alimenter, des troubles du sommeil, des convulsions ou des gestes saccadés et soit une peur exagérée ou l’absence de peur. Les problèmes de développement général notés à trois ans ou moins étaient plus marqués dans les cas de régression survenue avant 24 mois.

Conclusions : Selon cette étude, environ 17 à 26 % des enfants diagnostiqués autistes ont connu une régression. Il faut toutefois noter que ces enfants avaient des problèmes de développement avant la régression, surtout sur le plan de la motricité. Leur régression est probablement reliée à la gravité de leur déficit intellectuel. La régression touche davantage les garçons que les filles.

En bref

L'incidence de régression oscillait entre 17 et 26 % dans cet échantillon d'enfants atteints d'un TSA. La régression semble être corrélée au degré de déficience intellectuelle et est plus fréquente chez les garçons. Rien n'indique que la régression est l'apanage exclusif d'un groupe d'enfants dont le trouble autistique a une cause bien précise.


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