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Indicateurs de l’évolution des enfants atteints d’autisme de haut niveau et du syndrome d’Asperger
Szatmari P, Bryson SE, Boyle MH, Streiner DL, Duku E.
Journal of Child Psychology and Psychiatry 44 (4): 520-528. 2003
En bref
Les capacités de communication verbale et non verbale des enfants atteints d'autisme de haut niveau (AHN) ou du syndrome d'Asperger permettent-elles de prédire le degré de fonctionnement des enfants, deux ans et six ans après leur diagnostic?
- Soixante-huit enfants ayant un Q.I. de 68 ou plus ont fait l’objet d’un suivi au cours d'une période donnée.
- On a évalué leurs capacités langagières et sociocommunicatives lorsque le groupe d'enfants a été formé, puis au bout de deux ans et de six ans.
- Les capacités langagières avaient une valeur pronostique plus importante chez les sujets autistes que chez ceux atteints du syndrome d'Asperger.
- L’échelle de Vineland (VABS), qui permet d’apprécier les capacités socioadaptatives, avait une plus grande valeur prédictive que les tests de grammaire ou de vocabulaire, probablement parce que ceux-ci ne comportent pas d'élément social.
- L’apprentissage des habiletés langagières pourrait s'avérer plus utile pour améliorer la courbe développementale des enfants autistes que des enfants Asperger.
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Question: Les capacités d’expression verbale et non verbale chez les enfants atteints d'autisme de haut niveau ou du syndrome d'Asperger sont-elles un indicateur pronostique indépendant de leur fonctionnement dans certaines sphères ou toutes les sphères, environ deux ans et six ans plus tard?
Contexte: Les personnes qui ont reçu un diagnostic d'autisme ou de syndrome d'Asperger conservent à l’âge adulte les caractéristiques ayant mené à leur diagnostic, mais les symptômes peuvent s’atténuer ou s’aggraver.
Type d’étude: Série temporelle (les sujets sont suivis dans le temps et sont évalués à intervalles réguliers)
Cadre: Centre-Sud de l'Ontario, Canada
Sujets: Soixante-huit enfants ayant reçu un diagnostic formel d'autisme ou de syndrome d'Asperger et ayant un Q.I. de 68 ou plus à l'échelle de Leiter, ou de 70 ou plus à l'échelle Stanford-Binet, ont été suivis à partir du moment de leur première évaluation ou de leur admission au sein d’un programme thérapeutique (une cohorte initiale).
Évaluation des facteurs pronostiques : Les habiletés langagières et sociocommunicatives ont été évaluées lorsque la cohorte a été formée. On a réutilisé les mêmes échelles à des intervalles donnés pour évaluer les changements qui s'étaient opérés au fil du temps.
Principaux instruments d’évaluation : Grille des comportements autistiques (ABC), échelle de Vineland et plusieurs échelles d'évaluation du langage.
Principaux résultats : L’association entre les habiletés liées au langage et le niveau de fonctionnement des enfants était plus marquée chez les sujets autistes que chez ceux atteints du syndrome d'Asperger. Les témoignages des parents quant aux habiletés en communication de leur enfant, recueillis à l’aide de l’échelle de Vineland, se sont avérés d’une grande valeur prévisionnelle.
Conclusions : Il semble, d'après cette étude, que les indices qui permettent de faire des pronostics sont différents selon qu’il s’agit d’enfants autistes ou d’enfants avec syndrome d’Asperger.
En particulier, les capacités langagières des enfants autistes sont plus efficaces pour prévoir leur développement. Le VABS semble mesurer plus fidèlement l'usage des habiletés communicatives en situation « réelle » chez ces enfants. Ce test avait une plus grande valeur prédictive que les tests de grammaire ou de vocabulaire, probablement parce que ces derniers n’ont pas de composante sociale. Le développement des capacités langagières pourrait s'avérer plus utile pour améliorer le sort des enfants autistes que celui des enfants Asperger.
Les résultats obtenus chez les enfants autistes ne peuvent être utilisés pour prévoir l’évolution des enfants atteints du syndrome d'Asperger ou d'autres TED. Cela est particulièrement vrai dans le cas des habiletés non verbales, qui peuvent être utiles dans le cas des symptômes autistiques, surtout chez les enfants atteints du syndrome d'Asperger, mais moins utiles chez les enfants atteints d'autres TED. Dans l'ensemble, cette étude a fait valoir la nécessité de vérifier à quel point les habiletés langagières sont importantes dans le développement ultérieur des enfants autistes, au moyen d'essais randomisés contrôlés et bien conçus.
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