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| Article original
Bref compte rendu : évolution des capacités liées à la théorie de l’esprit chez les autistes
Steele S, Joseph RM, Tager-Flusberg H.
Journal of Autism and Developmental Disorders. August 2003; 33(4): 461-467.
En bref
Les capacités langagières sont-elles un facteur prédictif des habiletés liées à la théorie de l'esprit?
- Les enfants et adolescents autistes ont de la difficulté à s'engager dans des interactions avec les autres au quotidien.
- Cette étude a montré que plus le vocabulaire d’un enfant est riche, mieux cet enfant réussit à « lire dans les pensées » des autres ou à effectuer des tâches liées à la théorie de l'esprit en grandissant.
- Il pourrait être très important d’offrir une formation portant à la fois sur le développement du langage et sur les habiletés liées à la théorie de l'esprit (comme apprendre à faire la distinction entre une blague et un mensonge, à détecter le sarcasme ou à comprendre les intentions des autres).
- Cette étude a démontré que ces habiletés s'améliorent à mesure que l'enfant se développe et qu'une formation portant sur ces habiletés pourrait l’aider à mieux fonctionner au quotidien.
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Question : Les habiletés liées à la théorie de l'esprit évoluent-elles selon l'étape de développement d'un enfant?
Contexte : La théorie de l'esprit désigne les processus cognitifs permettant à une personne de comprendre que les autres ont leurs propres pensées et sentiments, et d’imaginer ce que les autres pensent en se basant sur une compréhension commune d'un événement ou d'une situation. Elle implique également la capacité de distinguer entre blagues et mensonges et de comprendre comment les traits de personnalité ont une influence sur l'intention des personnes (p. ex. tout le monde n'est pas nécessairement bon ni n'a toujours de bonnes intentions). Cette étude visait à évaluer si les habiletés liées à la théorie de l'esprit changent au cours d'une année et si elles sont influencées par le développement du langage ou le Q.I..
Type d’étude : Séries temporelles
Cadre : Eunice Kennedy Shriver Centre, au Massachusetts, aux É.-U.
Sujets : L’étude comptait 57 enfants âgés de 4 à 14 ans, dont le diagnostic d'autisme avait été confirmé au moyen des échelles ADI-R et ADOS.
Évaluation des facteurs pronostiques : On a eu recours au test de vocabulaire en images de Peabody et au test de vocabulaire expressif pour évaluer les capacités langagières. On a évalué le Q.I. à l’aide des échelles d’habiletés différentielles (DAS). Les deux types de tests ont été administrés au point de mesure 1 (visite initiale pour cette étude) et au point de mesure 2 (un an après la visite initiale).
Méthode : On a comparé les résultats des tests sanguins effectués chez des enfants autistes qui suivaient un régime alimentaire sans gluten ni caséine avec ceux d'enfants autistes qui avaient une alimentation sans restriction. Les résultats sanguins de ces derniers ont été comparés avec ceux des participants d’un groupe témoin de sujets du même âge et de même sexe qui étaient atteints d'un retard de développement et non d'autisme, pour déceler une éventuelle déficience en acides aminés qui serait propre à l’autisme.
Principaux paramètres d’évaluation : Les chercheurs ont examiné les résultats d'une batterie de tests portant sur la théorie de l'esprit et qui permettent d’évaluer si l’enfant sait ce que les autres savent, s'il peut distinguer entre blagues, mensonges et sarcasmes, jusqu’à quel point il peut « décoder » les traits de personnalité (le fait d'être « bon » ou « méchant ») et comment ces traits influent sur les intentions et les actes d'une personne.
Principaux résultats : Les auteurs ont découvert que les enfants autistes démontraient une évolution de leurs habiletés liées à la théorie de l'esprit sur une période d'un an, plus de la moitié des enfants ayant acquis une certaine compréhension des états mentaux des autres au cours de l'étude. Le niveau de vocabulaire d'un enfant au point de départ avait une valeur prédictive de l’amélioration des scores liés à la théorie de l'esprit.
Conclusions : Cette étude met en lumière l'importance potentielle d'une formation sur les capacités langagières et les habiletés liées à la théorie de l'esprit, comme moyen de favoriser le développement de la communication sociale chez les jeunes enfants autistes. Les auteurs affirment également qu'on devrait prévoir des programmes de communication sociale pour les enfants autistes afin qu’ils puissent réaliser des progrès concrets au cours des diverses étapes de leur développement et que cet apprentissage leur permettrait aussi d’améliorer leur fonctionnement au quotidien. |