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Résumé | Sommaire | Article original

Revue systématique des antipsychotiques atypiques
dans le traitement de l’autisme.

Barnard L, Young AH, Pearson J, Geddes J, O'Brien G.

Journal of Psychopharmacology 16(1): 93-101. 2002.

En résumé

Les antipsychotiques atypiques sont-ils efficaces pour traiter les symptômes de l’autisme?

  • À date, aucun médicament n’a été trouvé pour traiter l’autisme lui-même, mais il existe des médicaments qui peuvent avoir un effet positif sur le comportement.
  • La rispéridone diminue l’agression, l’hyperactivité et les comportements répétitifs.
  • Les études sur l’olanzépine sont encourageantes quant à l’amélioration du comportement social, du langage et de la diminution de l’agression, mais il faut approfondir la recherche.
  • La clozapine et la quétiapine ont produit des effets positifs, mais aussi d’importants effets secondaires. La clozapine ne devrait être utilisée que si les autres traitements ont échoué, et doit faire l’objet d’un suivi très rigoureux.
  • L’amisulpride a donné des résultats encourageants pour atténuer les retraits et inhibitions, mais il faut approfondir la recherche. 

Question : Les antipsychotiques atypiques peuvent-ils améliorer le comportement, le développement cognitif et le bien-être physique des personnes atteintes d’un troubles du spectre autistique (TSA)?

Mise en contexte : De nombreux enfants atteints d’un TSA manifestent des comportements difficiles à gérer, qui peuvent inclure de l’agression envers les autres, de l’auto-agression et des stéréotypies (mouvements répétitifs comme agiter les mains). Les médicaments antipsychotiques ont été utilisés avec succès chez ces jeunes; toutefois, malgré leur efficacité, les substances telles que l’halopéridol ou la pimozide peuvent entraîner d’importants effets secondaires. De nouveaux médicaments antipsychotiques atypiques ont été créés et se sont avérés efficaces en plus de comporter l’avantage d’avoir moins d’effets secondaires. Il s’agit d’une revue de l’efficacité des antipsychotiques atypiques dans le traitement des troubles envahissants du développement.

Sources de données : Les auteurs ont consulté les bases de données MEDLINE pour les années de 1966 à juin 2000 et Web of Science entre 1981 et juin 2000. Les mots-clés suivants ont été utilisés comme base de leur recherche : atypique/nouveau/nouvelle génération + antipsychotique, antipsychotique, amisulpride, benzamide, clozapine, ilopéridone, olanzapine, pipampérone, quétiapine, rispéridone, sertindole, ziprasidone, zotepine, autisme, et autiste. Ils ont également fouillé manuellement des publications médicales en quête d’articles pertinents.

Sélection des études : Les auteurs n’ont imposé aucune restriction quant au type d’étude à évaluer dans le cadre de la présente revue parce que la documentation sur le sujet est plutôt limitée.  

Extraction des données : Aucune information n’a été donnée à ce sujet.

Principaux résultats : 19 études ont été relevées, réparties ainsi : 13 études portaient sur la rispéridone, 3 sur l’olanzapine, 1 sur la clozapine, 1 sur l’amisulpride et 1 sur la quétiapine.

Rispéridone: La rispéridone a été jugée utile dans le cadre d’essais cliniques non contrôlés portant sur l’agression, l’hyperactivité et les comportements répétitifs chez les enfants atteints de TSA. Ce médicament a également été jugé utile mais à un moindre degré, pour traiter les troubles de l’humeur. Des gains de poids ont été rapportés, de même qu’une sédation à court terme, problèmes de foie, possibilité de crises d’épilepsie et troubles endocriniens chez les hommes et les femmes.  

Olanzapine : La pertinence de l’olanzapine dans le traitement de l’autisme commence à être connue. Des études de faible envergure permettent déjà de supposer que le médicament pourrait améliorer le fonctionnement social et le langage, et atténuer l’agression et l’hyperactivité. Les effets secondaires se sont limités à un gain de poids et une sédation de courte durée.

Clozapine : Il est possible que la clozapine soit utile pour les enfants atteints d’autisme, mais les preuves sont minces. Les effets secondaires de la clozapine comprennent le risque potentiel de développement d’un trouble sanguin qui exigerait un suivi hebdomadaire.  Bien que les paticipants à l’étude n’aient rapporté aucun effet secondaire grave, la clozapine ne devrait être utilisée qu’en dernier ressort si les autres médicaments essayés ne fonctionnent pas.  

Amisulpride : Ce médicament n’a pas affecté le fonctionnement global, mais les participants qui en ont fait l’essai dans le cadre d’une étude ont rapporté une amélioration des symptômes d’inhibition et de retrait. Ce médicament a causé davantage d’effets secondaires désagréables que la norme, mais aucun d’entre eux n’était grave.  

Quétiapine : Seulement un tiers des participants à l’essai ont pu continuer à prendre ce médicament en raison de l’incidence élevée de ses effets secondaires et du manque de preuves de son efficacité chez les enfants atteints d’autisme.  

Conclusions : Les études examinées n’ont pas mis en évidence un médicament capable d’exercer un impact spécifique sur la cognition. Toutefois, il a été constaté que les antipsychotiques atypiques ont un effet sur l’agression, les obsessions, et les comportements qui entravent le fonctionnement (ex. : auto-stimulation), à un degré suffisant pour majorer le seuil d’attention et du coup, favoriser le processus d’apprentissage.

Les études examinées n’ont pas été menées avec une méthodologie rigoureuse (seulement deux d’entre elles étaient des essais randomisés de conception croisée à double insu). Les constats de ces études ne sont donc pas suffisamment concluants pour l’instant. Depuis la publication de cette revue, un essai contrôlé randomisé sur la rispéridone a démontré que l’efficacité du médicament chez les enfants atteints d’autisme a été rapportée dans le New England Journal of Medicine. Il faudra toutefois effectuer des essais contrôlés randomisés sur chacun des antipsychotiques atypiques pour en déterminer l’efficacité et la sécurité.  

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