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Résumé | Sommaire | Article original

Revue systématique de l’efficacité des traitements pharmacologiques pour les adolescents
et les adultes atteints d’un TSA

Broadstock M, Doughty C, Eggleston M.

Autism. 2007; 11(4): 335-348.

En résumé

Il semblerait que la rispéridone, la fluvoxamine et l’halopéridol pourraient être efficaces pour traiter les comportements répétitifs et agressifs envers soi ou envers les autres, comportements qui sont présents chez certaines personnes atteintes d’un TSA. Les études examinées aux fins des présentes étaient de petite envergure et il faudrait mener des études à plus long terme et auprès d’un plus grand nombre de participants pour en vérifier les conclusions tirées.

Question : Quels médicaments pourraient être efficaces pour traiter les symptômes autistiques et les problèmes de comportement des personnes atteintes d’un troubles du spectre autistique (TSA)?

Mise en contexte : Les comportements répétitifs sont parmi les symptômes classiques des TSA. Les personnes qui en sont atteintes peuvent par exemple tourner sur elles-mêmes, agiter les mains ou se bercer. S’il est vrai que ces comportements soulagent leur sentiment d’anxiété, il faut dire aussi qu’ils peuvent aussi nuire à leur habileté de fonctionnement à la maison, à l’école ou au sein de la communauté. Il arrive souvent que les personnes atteintes d’un TSA s’infligent des blessures soit en se mordant ou en se frappant. Certaines d’entre elles peuvent parfois faire preuve d’agression envers les autres, y compris les membres de leur famille. Bien qu’il existe des techniques de gestion du comportement pour traiter plusieurs de ces symptômes et manifestations, une approche combinant des médicaments et des techniques de thérapie comportementale peut s’avérer plus pertinente pour traiter certains d’entre eux.  

Conception : Revue systématique d’études sur les pharmacothérapies visant à traiter les symptômes des TSA.  

Participants : Des enfants, des adolescents et des adultes atteints d’un TSA et qui avaient des problèmes de comportement.  

Intervention : Médication seule, ou combinée avec une thérapie comportementale.  

Principaux indicateurs des résultats : Manifestation de comportements auto-agressifs, d’agression, de dommage matériels, de stéréotypies, de dépression, d’irritabilité ou de nervosité.

Principaux résultats : Cinq essais contrôlés randomisés ont été retenus pour cette revue. Les autres études ne répondaient pas aux critères de sélection, soit en raison de l’âge des participants ou de la façon dont elles avaient été menées. Deux études ont été menées sur la rispéridone (Risperdal) auprès de 51 personnes; de ce nombre, 50 % ont connu une diminution des problèmes de comportement. Aucun effet secondaire majeur n’a été rapporté pendant les 12 semaines de l’essai. Une étude s’est penchée sur l’usage de l’ hydrochloride de naltrexone chez 33 adultes. Le médicament a provoqué des effets secondaires de nausée, somnolence et, dans un cas, une augmentation des comportements auto-agressifs. Pas une seule personne n’a bénéficié du médicament. Une autre étude portait sur la fluvoxamine, un ISRS. Les 15 patients qui ont pris le médicament ont montré une importante amélioration accompagnée d’effets secondaires minimes. Une diminution considérable a été notée sur le plan des pensées et des comportements répétitifs ainsi que de l’agression; ils ont également montré une amélioration notable de la fonction langagière et des symptômes autistiques. L’halopéridol et la clomipramine ont été comparés l’un à l’autre et contre un placébo dans une autre étude comptant 37 patients âgés de 10 à 36 ans. Les patients n’ont connu une amélioration qu’avec l’halopéridol. Seuls des effets secondaires mineurs ont été observés.

Conclusion : La plupart des études portant sur la pharmacothérapie n’ont pas été menées adéquatement, c’est-à-dire qu’elles n’étaient pas randomisées et qu’elles ne faisaient pas appel à des groupes-témoins. Les cinq ECR ont rapporté que la rispéridone, la fluvoxamine, ou l’halopéridol étaient les seuls médicaments ayant été bénéfiques aux personnes atteintes d’un TSA. Les études étaient de faible envergure et par conséquent, il n’est pas possible d’en tirer des conclusions fermes. Il semblerait que ces trois médicaments pourraient être efficaces dans le traitement des comportements et des émotions des personnes atteintes d’un TSA.


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