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Résumé | Sommaire | Article original

Programme de socialisation à l’intention des adolescents atteints du syndrome d’Asperger ou d’autisme de haut niveau.

Tse J, Strulovitch J, Tagalakis V, Meng L, Fombonne E.

Journal of autism and Developmental Disorders 2007;37:1960-1968.

Question : Est-ce qu’un programme de socialisation a aidé les adolescents Asperger ou autistes de haut niveau à améliorer leurs aptitudes sociales et leurs conduites inadaptées?

Contexte : Les adolescents accordent beaucoup d’importance aux interactions sociales et ont besoin de faire partie d’un groupe. Les jeunes qui ont le syndrome d’Asperger ou un autisme de haut niveau sont désavantagés à cause de leurs lacunes sur le plan des habiletés sociales. Handicapés par leur difficulté à se faire des amis et à entretenir des amitiés et victimes de rejet ou d’intimidation à l’école et dans leur entourage, ils sont plus enclins à la dépression et aux troubles anxieux.

Type d’étude : Étude avec tests avant et après la participation à un programme de socialisation.

Intervention : Des groupes de 7 ou 8 adolescents Asperger ou autistes de haut niveau ont suivi un cours de 90 minutes par semaine après l’école pendant 12 semaines. Les groupes étaient encadrés par une travailleuse sociale, un psychologue et un résident en psychiatrie. Les exercices d’apprentissage des habiletés sociales étaient inspirés de l’ouvrage intitulé « Skillstreaming the Adolescent » (Goldstein & McGinnis, 2000). Avant d’amorcer le programme, on a demandé aux adolescents et aux parents quels étaient leurs objectifs et leurs attentes afin de déterminer si ceux-ci étaient réalistes.

Participants : L’étude comprenait quarante-six (46) jeunes de 13 à 18 ans, déclarés Asperger ou autistes de haut niveau, ainsi que leurs parents. Deux sujets n’ont pas terminé le programme. 

Principaux indicateurs des résultats : Les parents ont évalué les progrès de leurs enfants à l’aide de trois outils – l’échelle de réciprocité sociale (Social Responsiveness Scale), la grille d’évaluation des comportements aberrants (Aberrant Behavior Checklist) et l’échelle de Nisonger sur les troubles du comportement chez l’enfant (Nisonger Child Behavior Rating Form). Dans deux groupes, les adolescents ont répondu à un questionnaire confidentiel leur demandant s’ils se sentaient bien dans le groupe, s’ils avaient l’impression d’avoir amélioré leurs compétences et ce qu’ils avaient le plus et le moins aimé au sujet des séances ainsi que leurs suggestions pour les futurs ateliers.

Principaux résultats : Des données complètes relatives à 32 des 44 participants ont été obtenues. Des progrès notables ont été enregistrés selon l’échelle de réciprocité sociale et l’échelle de Nisonger, ce qui indique que le programme a eu des effets positifs sur les habiletés sociales et les comportements inadaptés. Les parents ont mentionné que les apprentissages au sein du groupe ont servi dans d’autres contextes sociaux. Les améliorations au chapitre des compétences et du comportement ont été jugées plus importantes d’après les adolescents que selon les parents. On a aussi noté des progrès dans la capacité de contrôle émotionnel et du niveau d’anxiété, la propension à l’isolement, les stéréotypies et les gestes d’automutilation. L’hyperactivité et les troubles de la conduite ont été les plus réfractaires à l’intervention.

Conclusion : L’étude a montré qu’il est possible de développer les aptitudes sociales des adolescents Asperger ou autistes de haut niveau dans un délai relativement court grâce à un programme de socialisation. Les parents et les jeunes ont signalé que les compétences acquises ont été utilisées dans d’autres situations sociales. Même si cette étude comportait un faible échantillon et n’était pas un essai contrôlé randomisé, elle a fait appel à des tests uniformisés pour mesurer les déficits cibles et les progrès accomplis. Elle a démontré dans des situations vécues au quotidien que l’entraînement aux habiletés sociales est profitable aux adolescents Asperger ou autistes de haut niveau, améliorant leur fonctionnement social et leur estime de soi. Il reste maintenant à vérifier ces résultats dans le cadre d’un essai contrôlé randomisé.

En résumé

Des cours après l’école ont amélioré les habiletés sociales des adolescents Asperger ou autistes de haut niveau. Les jeunes étaient moins portés à s’isoler et à  s’adonner à des gestes d’autostimulation ou d’automutilation et plus aptes à maîtriser leurs émotions.




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