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Résumé | Sommaire | Article original

Discordance entre l’évaluation des traits autistiques et de l’empathie par les enfants et adolescents autistes de haut niveau et celle de leurs parents

Johnson SA, Filliter JH, Murphy RR.

Journal of Autism and Developmental Disorders 2009;39:1706-1714.

Question : Les enfants et les adolescents appartenant au spectre autistique perçoivent-ils leurs symptômes et leur faculté d’empathie de la même façon que leurs parents?

Contexte : Les jeunes autistes éprouvent des difficultés au niveau des interactions sociales. Ils semblent ne pas être conscients de la manière dont ils entrent en rapport avec les gens et des effets de leur maladie sur leur comportement. Lorsqu’on les interroge, on dirait qu’ils ne se rendent pas compte de leurs déficiences. Les parents peuvent avoir une tout autre perception des problèmes de leur enfant. Il n’existe pas de données sur la concordance entre le point de vue des parents et celui des enfants.

Type d’étude : Étude visant à comparer des enfants et adolescents autistes à un groupe témoin au développement typique.

Cadre : Halifax (Nouvelle-Écosse) et Bloomington (Indiana).

Sujets : Cette étude regroupait 20 enfants et adolescents autistes et un groupe témoin de 22 jeunes au développement normal, tous âgés de 9 à 18 ans. Les critères d’exclusion étaient un QI inférieur à 75, des antécédents de traumatisme crânien, un trouble neurologique ou toute autre maladie pouvant retentir sur le système nerveux central. Pour être admis, les sujets du groupe témoin devaient être exempts de troubles psychiatriques. Le père ou la mère de chacun des 42 enfants ont pris part à l’étude.

Principaux paramètres d’évaluation : Les enfants et les adolescents ainsi que leurs parents ont répondu à trois questionnaires. Les parents devaient évaluer le fonctionnement de leur enfant, et les jeunes, leur propre fonctionnement. Les questionnaires étaient le quotient du spectre autistique, qui mesure l’intensité des traits autistiques, le quotient de systématisation, qui apprécie la propension à construire et à analyser des systèmes (par exemple, la façon dont ils collectionnent des objets ou l’importance qu’ils accordent aux détails), et le quotient d’empathie, qui mesure la faculté de comprendre ses propres émotions et intentions et celles des autres et de prévoir les réactions des gens à partir de son propre comportement.

Principaux résultats : Dans le groupe témoin, les réponses des jeunes et des parents étaient à peu près concordantes. Cependant, les enfants et adolescents autistes étaient en désaccord avec leurs parents. Ils n’avaient pas l’impression d’être moins empathiques et ont coté moins sévèrement leurs traits autistiques que leurs parents.

Conclusions : Les enfants et les adolescents présentant un trouble autistique peuvent être inconscients de leur handicap social et, par conséquent, manquer d’intuition pour saisir leurs problèmes relationnels. Dans certains cas, une plus grande lucidité amplifierait l’humeur négative et les symptômes dépressifs. Les auteurs estiment qu’il faut déterminer soigneusement comment chaque enfant ou adolescent risque de réagir si on l’informe de la manière dont il se perçoit pour s’assurer que la prise de conscience de ses lacunes ne va pas lui faire du tort.

En bref

Les enfants et les adolescents autistes, contrairement aux jeunes ayant un développement normal, n’ont pas conscience de leurs déficits sociaux. Il n’est pas sûr que les sensibiliser à leurs problèmes leur fasse plus de bien que de mal.




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