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Abstract | Summary
| Original Article
Trajectoire développementale d’enfants atteints d’un trouble envahissant du développement
Sommaire des conclusions d'une étude de suivi portant sur des enfants autistes ou atteints du syndrome d'Asperger
En bref
Comment les enfants atteints d'un trouble envahissant du développement (TED) de haut niveau évoluent-ils?
- Les capacités de langage, de communication et de socialisation s’améliorent sensiblement avec l’âge.
- Parmi un groupe d’enfants atteints d'autisme de haut niveau ou du syndrome d'Asperger qui ont été évalués vers l'âge de 4 à 6 ans, 10 % ne répondaient plus aux critères diagnostiques de l'autisme deux ans plus tard, et 25 % des autistes « non verbaux » ont commencé à communiquer verbalement vers l'âge de 6 à 8 ans.
- Certains comportements autistiques, comme l’absence de démonstration affective et de recherche de réconfort, étaient peu fréquents vers l'âge de 6 à 8 ans.
- De nouveaux comportements autistiques sont devenus plus apparents avec l’acquisition d’habiletés sociocommunicatives.
- L'écholalie, la multiplication des rituels, l’appauvrissement des champs d’intérêt et la résistance au changement sont apparus plus tardivement.
- En général, vers la fin de l’enfance et au début de l'adolescence, les enfants Asperger avaient de meilleures capacités langagières et sociales et moins de symptômes autistiques que les autistes de haut niveau.
- Certains autistes de haut niveau évoluent aussi très bien, surtout ceux qui ont acquis de bonnes capacités langagières avant l'âge de 8 ans. En fait, une fois qu'ils se mettent à parler couramment, les enfants autistes ressemblent de plus en plus aux enfants Asperger.
- Certains enfants deviennent dépressifs ou anxieux en vieillissant, probablement parce qu'ils commencent à se rendre compte qu'ils sont l’objet de railleries ou de rejet. L'anxiété a tendance à durer plus longtemps que la dépression.
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Cette étude avait pour but de déterminer si les enfants atteints du syndrome d'Asperger suivent une trajectoire développementale différente de celle des autistes de haut niveau et de rechercher des indicateurs pronostiques qui mèneront à des mesures améliorant la qualité de vie de ces enfants et de leur famille. Il s'agit de l'étude de suivi la plus complète et la plus longue ayant été réalisée à l’échelle mondiale auprès d'enfants atteints d'autisme de haut niveau et de la seule étude qui ait mis l'accent sur le syndrome d'Asperger.
En tout, 68 enfants, ayant tous un Q.I. supérieur à 70, ont participé à l'étude. Toutes les évaluations ont été faites au moyen de l'entrevue ADI (Autism Diagnostic Interview). L'évaluation initiale a été effectuée lorsque les enfants étaient âgés de 4 ans, après un diagnostic confirmé de TED. Des tests de suivi ont été réalisés lorsque les enfants avaient entre 6 et 8 ans, entre 10 et 12 ans et entre 13 et 17 ans.
Résultats concernant les enfants atteints de TED en tant que groupe
On a constaté que les enfants atteints d'un TED de haut niveau se débrouillaient mieux qu’on pensait, du moins en ce qui a trait au passage du niveau préscolaire au niveau primaire. Ils ont fait des progrès notables avec le temps sur les plans du langage, de la communication et des aptitudes sociales. Voici les résultats :
- 10 % des enfants diagnostiqués autistes de haut niveau ou Asperger à l'âge de 4 à 6 ans ne répondaient plus aux critères diagnostiques de l'autisme deux ans plus tard;
- 25 % des enfants autistes qui étaient non verbaux ont commencé à parler vers l'âge de 6 à 8 ans.
Par contre, les symptômes autistiques ont suivi une courbe beaucoup plus variable. Certains comportements autistiques, comme l’absence de démonstration affective et l’absence de recherche de réconfort, étaient rares vers l'âge de 6 à 8 ans. Cependant, de nouveaux symptômes autistiques sont apparus ou sont devenus plus évidents lorsque les habiletés en communication et les aptitudes sociales se sont développées, non seulement des comportements liés au langage, comme l'écholalie, mais également une augmentation des rituels et une diminution des intérêts ainsi qu'une résistance au changement.
Comparaison entre syndrome d’Asperger et autisme
En général, les enfants Asperger affichaient de meilleures capacités langagières et sociales et moins de symptômes autistiques que les autistes de haut niveau à la fin de l’enfance et au début de l’adolescence. Toutefois, certains continuent d’éprouver de graves difficultés – en particulier à l’école secondaire – à faire face aux exigences sociales liées à l’adolescence et à répondre aux normes de rendement scolaire. Certains enfants autistes réussissent bien, surtout ceux qui ont acquis de bonnes capacités langagières avant l'âge de 8 ans. En fait, une fois qu'ils parlent couramment, les enfants autistes ressemblent de plus en plus aux enfants atteints du syndrome d’Asperger.
L’émergence d’un diagnostic psychiatrique
Dans le cadre de l'évaluation de phase 4 (adolescents âgés de 13 à 17 ans) et en réponse aux préoccupations des parents concernant les problèmes affectifs et comportementaux que commençait à éprouver leur enfant, tous les adolescents ont fait l’objet d’une évaluation psychiatrique minutieuse. Celle-ci a révélé que plus de 40 % des enfants autistes ou Asperger avaient connu au moins un épisode d'un trouble anxieux grave ou de dépression à un moment de leur adolescence. Ce taux est beaucoup plus élevé que dans la population générale et signifie que les TED constituent un facteur de risque. Une cinquième phase de l'étude est en cours et a pour but d'évaluer la durée de ces troubles anxieux ou dépressifs. Les résultats obtenus jusqu'ici laissent entrevoir que la dépression de l’adolescence est transitoire. Six enfants qui ont été évalués au cours de cette période de l'étude présentaient un trouble dépressif à la phase 4; cependant, quatre de ces enfants n’étaient plus dépressifs à la phase 5. Par contre, il semble que l’anxiété généralisée ait tendance à persister chez ces enfants. À ce jour, neuf enfants ont reçu ce diagnostic à la phase 4; sept présentent toujours ce trouble. Même s’il s’agit de résultats préliminaires, ils tendent à démontrer que la dépression est épisodique et que l'anxiété persiste plus longuement chez les adolescents atteints d'un TED. Les troubles psychiatriques ont également tendance à survenir chez les enfants qui possèdent de meilleures aptitudes de communication, surtout de compréhension du langage. La probabilité de trouble anxieux ou de dépression semble augmenter en fonction des habiletés de langage de l'adolescent. Cela pourrait être dû au fait que les enfants qui maîtrisent mieux la langue comprennent mieux les situations socioaffectives et que cette plus grande prise de conscience mène à la dépression. Les études se poursuivent en vue de vérifier cette hypothèse. On recueille également des renseignements au moyen d’enquêtes familiales pour déterminer si des antécédents d'anxiété ou de dépression chez les parents ou parmi les frères et sœurs normaux sont en rapport avec ce risque accru. Si nous parvenons à comprendre pourquoi ce groupe d'enfants est si vulnérable à l'anxiété ou à la dépression, nous pourrons commencer à concevoir des traitements pour les aider à surmonter ces problèmes. |