Symptômes-clés identifiés par les parents dans le cadre de l’étude du RUPP sur la rispéridone : essais cliniques axées sur les besoins des clients.

L. Eugene Arnold et al. on behalf the Research Units on Pediatric Psychopharmacology Autism/PDD Network

Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry 2003; 42(12): 1443-1450.7


En résumé

La rispéridone peut-elle améliorer les difficultés de comportement dans la vie de tous les jours?

  • Une « grande » ou « très grande» amélioration a été notée dans le comportement des enfants qui ont continué à prendre le médicament mais l’effet s’est estompé avec le temps.
  • Les bénéfices les plus remarquables ont été enregistrés sur le plan de l’hyperactivité, de la colère et des changements rapides de tempérament. Les enfants avec un diagnostic de trouble envahissant du développement non spécifié (TED non spécifié) étaient plus susceptibles de répondre au traitement que les enfants avec un diagnostic d’autisme.
  • La rispéridone soulage les symptômes d’agression chez les enfants atteints d’un TED non spécifié et d’autisme, mais devrait être envisagé en dernier ressort si les interventions comportementales ont échoué, en raison des effets secondaires manifestés chez certains enfants.
  • Il faut réévaluer le besoin de médication sur une base régulière.

Question : Les essais cliniques peuvent-ils évaluer les changements au niveau des symptômes dont s’inquiètent les parents et intervenants d’enfants atteints d’autisme?

Mise en contexte : La plupart des essais cliniques sont fondés sur un ensemble de symptômes que les chercheurs souhaitent atténuer par la thérapie à l’étude. Si les chercheurs se penchent sur ces symptômes, une nouvelle orientation de cette philosophie s’impose. En effet, il existe un large écart entre la perception des chercheurs et les besoins réels des patients et familles concernés. Cette étude a donc tenté de cerner les symptômes qui préoccupaient les parents et intervenants d’enfants atteints d’autisme tout en tenant compte des objectifs visés par les praticiens/chercheurs en matière de traitement. Il ne s’agit pas d’une nouvelle étude, mais d’une perspective différente sur l’analyse des données sur les mêmes enfants participant à l’étude du RUPP sur la rispéridone (RUPP Risperidone study).

Participants : 101 enfants et adolescents atteints d’un TED ont participé à une étude sur la rispéridone en guise de traitement des comportements d’agression, d’auto-agression ou d’irritabilité. L’âge des participants varie entre 5 et 17 ans.

Conception : Essai contrôlé randomisé.

Méthodes : 49 des participants ont reçu un traitement actif, tandis que 52 ont reçu un traitement inactif ou placébo. Le test CGI-I (Clinical global impression of improvement), un test standardisé portant sur les difficultés de comportement, a été administré aux participants. Le praticien qui a administré le CGI-I aux participants sans savoir lesquels recevaient le traitement actif et lesquels recevaient le placébo a interviewé les parents aussi. Ces derniers devaient nommer un ou deux problèmes qui les préoccupent le plus chez leur enfant. Les symptômes ont été recherchés et décrits dans le cadre de l’étude, d’abord au début, puis à intervalles de 4 et de 8 semaines. Le praticien consignait le nombre de fois où ces symptômes étaient mentionnés, leur durée, leur gravité et à quel point ils entravaient leur vie familiale ou le fonctionnement de la personne atteinte. À l’issue de l’étude, cinq chercheurs ont examiné les données indépendamment et évalué le degré de changement des symptômes pendant la durée de l’étude. Trois évaluateurs ont donc déterminé si une amélioration s’était produite ou non.

Principaux résultats : Les symptômes rapportés par les parents ont été classés selon les catégories suivantes : agression envers autrui, auto-agression, dommages/destruction matériels, crises de comportement, épisodes de cris, stéréotypie, et hyperactivité/impulsivité/agitation (p.1445). Les pointages des deux groupes ont été comparés. Avec le passage du temps et l’effet grandissant du médicament, les parents ont rapporté une amélioration des symptômes, les participants ayant connu une amélioration claire ou une amélioration considérable. L’amélioration des symptômes rapportée par les parents et celles qui ont été mises en évidence par le CGI-I étaient pratiquement identiques.

Conclusions : Cette étude a démontré que les difficultés de comportement rapportées par les parents peuvent être atténuées par l’entremise d’un essai clinique qui fait aussi appel à d’autres tests standardisés des symptômes en question. L’outil d’évaluation utilisé par les parents était facile à utiliser et fiable pour cerner les données recherchées. En outre, l’outil était également adéquat pour constater les changements apportés avec le temps.